Est-il possible d'être soi-même ?

Je partageais avec une amie, à l’occasion d’une soirée durant les congés de fin d’année.


Nous échangions à propos de deux sujets. L’un était son mode de fonctionnement, assez exigeant, qui a des répercussions sur ses relations avec ses enfants, l’autre à propos de son envie de changer la façon de fêter le réveillon de fin d’année, et les répercussions que cela pouvait avoir sur ce que le groupe d’amis avec lequel nous le fêtons traditionnellement, et la perception que ce groupe pouvait avoir d’elle.


Et la question de fuser « est-il possible d’être soi-même » ?


I.e. si quand je suis dans l’exigence, je suis moi-même, et quand je dis que je ne veux plus participer au traditionnel rassemblement d’amis du 31 décembre, je suis moi-même, est-ce que c’est ok ?


Oui et non. De fait, il y a matière à nuancer.


Savoir où placer le curseur


Déjà, que veut dire « être soi-même » ?


Etre soi-même ne veut pas dire imposer aux autres ses comportements, sans se soucier de leur impact.


Dans le cas de mon amie, si son exigence est de l’ordre du contrôle, voire du surcontrôle, probablement que ce n’est pas ok. En admettant aussi que ce mode de fonctionnement exigeant procède de l’authenticité et non du masque.


J’ai eu une copine, dans le passé. Elle s’appelait Christine. Elle se montrait extrêmement acerbe, elle était régulièrement blessante. Peu importe d’où provenait ce mode de fonctionnement – j’émets l’hypothèse que c’était un mode de protection - attaquer pour ne pas être attaquée - ce n’était adéquat. Trop facile, même je dirais. Elle passait son temps à dire qu’elle était comme ça, elle, elle disait ce qu’elle pensait, et qu’il fallait la prendre comme elle était. Mouais. Sauf qu’elle était blessante.


Mais ce n’est pas ça, être authentique, être soi-même. Ça, c’est être dans son masque.

Et c’est pareil pour le mode de fonctionnement contrôlant de mon amie.


Qu’est-ce qu’un masque ?

Le masque, ou faux-self, c’est la somme des stratégies comportementales que nous mettons en place pour nous protéger et / ou pour nous faire accepter/ nous faire aimer.


Par exemple, pour certains, cela prend la forme de faire plaisir, dire oui, se donner corps et âme à l’autre, se sur-adapter à son environnement et nier ses propres besoins, ses valeurs, son bien-être, et pour d’autres, c’est attaquer, être agressif, remettre à sa place, mettre des bâtons dans les roues, mentir, manipuler.


Tout ça n’a rien à voir avec l’authenticité ou avec être soi-même.


La genèse du masque


Depuis tout petit, on nous apprend à vivre ensemble, à discerner le bien du mal. Pour ce faire, on nous l’enseigne de manière binaire : une catégorie se range du côté « bien », l’autre, du côté « mal ». Pas de demi-mesure. Et c’est compréhensible.


Quand j’ai appris à faire des claquettes, on ne m’a pas enseigné toutes les nuances, toutes les combinaisons d’un coup et en premier. Non. La prof a d’abord enseigné les « bases », en décomposé. On décompose les mouvements de base. On apprend à maîtriser chaque « découpe ». Puis on apprend à les mettre ensemble pour maitriser les mouvements de base. Et enfin, on combine les mouvements de base ensemble pour créer des nuances, des variations, des mouvements compliqués.


Dans notre apprentissage du bien et du mal, c’est comme si on oubliait qu’une fois la base acquise, on peut ensuite ajuster selon la situation, l’environnement, le contexte tout ça. Ni de prendre en considération le prisme à partir duquel la base a été établie : la culture du continent sur lequel nous sommes nés, le pays dans lequel nous sommes nés, la religion ou les convictions spirituelles, la culture familiale ou sociale. Le bien et le mal sont bien différents selon ces paramètres.


Pour ne prendre que l’environnement familial comme exemple, il existe des familles où il faut être gentil, d’autre où il faut être parfait, d’autres encore où il faut être débrouillard.


Certains ont dû apprendre à être polis, par exemple. Ne pas dire les choses que l’on pense, pour être poli, rendre une invitation, pas parce que l’on a envie, mais parce que «ça se fait » ou ne pas refuser une invitation, car cela ne se fait pas.


Résultat : personne ne dit vraiment ce qu’il vit, comment il le vit, ce qu’il ressent, ce dont il a besoin, ce qu’il pense. A force on finit par jouer un rôle, on n’est plus soi-même.

Et comme c’est pour tout le monde pareil, dans une mesure différente pour chacun, mais quand-même, et bien, c’est le jeu constant des devinettes.


A quoi cela mène-t-il ?


A ne jamais savoir ce que les autres pensent. A parler de façon détournée, à faire comprendre plutôt qu’à dire les choses, à supputer ce que les autres pensent ou veulent vraiment. Et puis à mal voir, mal comprendre, mal interpréter, ressasser en pensant que machin ou truc a voulu dire ça ou ça.

Energivore, chronophage, inutile et destructeur.


Être soi-même procède de l’expression.


L’expression de soi, au travers de notre métier, de nos activités, et l’expression de ce qu’on pense, de ce que l’on ressent.


Dans le cas de mon amie, être exigeante la pousse à être dans le contrôle. C’est un excès. Pourtant, cette exigence, c’est une partie d’elle, de son soi-même. Dès lors, être capable d’exprimer à son entourage qu’elle en a besoin – tout en étant prête à lâcher un peu – et au lieu d’exiger que son entourage se plie à cela, l’inviter à trouver un point de rencontre, c’est être soi-même. Pouvoir laisser être ce qui est important pour elle, tout en respectant les limites de son entourage, et en trouvant avec lui un terrain d’entente qui permette à chacun d’y trouver son compte.


Mais pour cela, il faut savoir qui on est, ce qui nous fait vibrer, ce qui nous convient ou ne nous convient pas, ce qui est ajusté ou pas pour soi.

Et ça, on ne nous l’a jamais appris, soyons clairs. Puisqu’on nous a appris à être gentil, sage, obéissant, serviable, poli, discipliné, appliqué, bon élève, premier de classe, …

Alors est-ce possible d’être soi et comment l’être ?

Oui c’est possible. Être soi-même ne veut pas dire « être soi-même au détriment des autres ».


Déjà, il est utile de bien se connaitre.



Connaitre nos aspirations, savoir reconnaître ce qui est nourrissant pour nous, savoir ce qui nous fait vibrer, ce qui nous convient ou ne nous convient pas.


Apprendre à reconnaître, surtout, quand nous nous retrouvons dans une situation ou une relation qui n’est pas ajustée pour soi. Bien se connaître ne va pas sans la capacité à reconnaître quand quelque chose ne convient pas. Et ça, ça passe par les émotions et le corps.


Ecouter notre corps, qui nous dit quand on vit quelque chose de pas ajusté. Ce nœud dans l’estomac, ce coup de poing parfois, cette gorge qui se serre, ce cœur qui bat plus vite, ces jambes qui flageolent, cette sensation de crispation qui s’installe aux épaules, ces migraines de plus en plus présentes…


Certains symptômes sont immédiats : je vois ou j’entends un truc, j’ai l’estomac qui se noue et j’ai la nausée, certains s’installent et perdurent : la situation est une situation qui elle aussi, s’est installée presque à l’insu de mon plein gré. Ou bien quelque chose qui m’a convenu et qui, avec le temps, ne me convient plus…


Donc 1. Se connaître 2. Reconnaître ce qui n’est pas ajusté


3. Mettre ses limites


Mettre ses limites, c’est d’abord savoir se respecter. Bon ok, encore une fois, ce n’est pas quelque chose qui nous est familier, on nous a plutôt inculqué la trilogie sois poli – sois gentil - sois sage … Il y a tant de choses que les neurosciences ont montré et qu’on sait aujourd’hui, que nos parents et grands-parents ne savaient pas. Comme le fait que le cerveau des enfants n’est pas mature pour gérer les émotions avant 5 ans et que donc, les caprices ça n’existe pas. Et encore moins que ce sont les émotions et la perception de vivre un truc pas ajusté pour lui qui mène l’enfant à réagir en désobéissant, en étant turbulent etc,…


Une des choses qu’on ne nous a jamais apprise, c’est de reconnaître les émotions, leurs signaux, et comment les utiliser comme information permettant d’ajuster ce que l’on vit, d’exprimer ce que l’on perçoit, ce que l’on ressent, ce que l’on pense.


Mettre ses limites, c’est :

- Apprendre à dire « non », ou en tous cas « pas maintenant » ou « pas comme ça »

- Apprendre à exprimer ce qui serait plus ajusté pour soi (ce que je ne veux pas et ce que je veux à la place)

- Apprendre à ralentir, à faire moins, à se reposer, à s’écouter


Donc 1. Se connaître 2. Reconnaître ce qui n’est pas ajusté 3. Mettre ses limites.


4. se fiche des jugements.


Comment être soi-même si on a peur des jugements ? Y’a un truc qui m’interpelle vraiment vraiment beaucoup beaucoup :

A entendre mon entourage, mes clients, les personnes que je rencontre, tout le monde, chacun, aspire à être soi-même. Et tout le monde a peur d’être soi de peur de ce que les autres vont penser.


C’est quoi ce monde où tout le monde veut être soi- même, mais où personne ne le fait de peur de ce que les autres pensent alors que ces autres aspirent à être eux-memes et ne le sont pas (de peur de ce que tu vas penser) ? Tu saisis le concept ?

Et si, en étant toi-même, tu autorisais les autres à faire de même, le monde ne pourrait-il pas être plus sympa, plus léger, plus joyeux ?


Pour reprendre l’exemple du début d’article, en s’autorisant à faire autre chose au réveillon, mon amie autorisera d’autres à oser en faire de meme. Car … en laissant trainer mes oreilles j’ai entendu d’autres membres du groupe avoir la meme aspiration…


Si tu t’autorises à dire non au traditionnel repas truc, fête machin, Barbecue bazar … tu autorises les autres à faire de même, et à s’ouvrir à d’autres activités, à pouvoir rencontrer d’autres personnes, faire des choses qu’ils n’ont pas le temps de faire.


Si tu t’autorises à exprimer ce qui est important pour toi, et ce qui ne te convient pas, tu ajustes ce qui est bon, tu mets plus de ce qui est bon pour toi dans ta vie et ta vie devient meilleure, plus agréable, plus vibrante.


A la question « est ce possible d’être soi même » la réponse est : oui !


Alors, quand commences tu à t’y autoriser ? 😊


Et … si tu n’y arrives pas … viens me voir, c’est mon métier 😉

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