On porte un déguisement jusqu’à ce qu’on trouve sa voie

Updated: Jan 9

J’ai 47 ans et cela ne fait pas si longtemps que j’ai enfin trouvé ma façon d’être moi. Oh il y a bien quelques trucs qui restent en suspens, quelques aspects auxquels je n’ai pas encore donné voix. J’ai encore peur d’être moi en relation par exemple. Mais je reviens de loin. Et quelque chose me dit qu’il en va de même avec la plupart d’entre nous.



J’ai comme tout le monde, eu à cœur de me conformer à ce que l’on attendait de moi. C’était à la fois un besoin de répondre à ces attentes, pour être acceptée et aimée, mais aussi une sorte de somnambulisme : j’avançais dans la vie, persuadée que c’était ce qu’il fallait faire, dans la quête éperdue du bonheur – cet état d’harmonie et de zenitude qui devait, c’était forcé, arriver, si je parvenais à cocher toutes les cases de la liste des choses à être et à faire pour atteindre la plénitude : faire des études (surtout quand on est intelligente et qu’on est issue d’un milieu favorable à l’apprentissage), trouver un conjoint, me marier (cette journée qui doit se dérouler parfaitement, en étant soi-même parfaite, comme dans un de ces films où tout

le monde est si heureux), acheter une maison (parfaite, elle aussi : lumineuse, décorée avec goût, spacieuse et agréable, parfaite représentation du havre de paix où tout le monde se sent bien), des enfants (parfaits et parfaitement conformes, eux aussi : intelligents, obéissants, sans histoire et réussissant dans leur vie).

D’où je tenais tout ça, en vérité je ne sais pas. Je ne peux que supposer que j’ai aveuglément acheté le seul modèle proposé. Je pourrais dire bêtement, mais je ne suis pas bête et ce n’était pas par manque d’intelligence : non. C’était vraiment parce que je n’avais connu que cela, que le seul modèle que j’avais pu observer était celui-là.

Et pas seulement en regardant mes parents, mais partout autour de moi : les amis, la société, à la télé … Pendant longtemps, il ne m’est pas venu à l’esprit qu’il pouvait exister d’autres façons d’être en vie, dans la vie, ou d’être au monde. Jusqu’au jour où…, mais ça, j’y reviens plus tard.


Renoncer à exister pour être aimé



Je ne me fustige pas. Je ne pouvais pas savoir. En outre, un petit d’homme n’étant pas autonome avant longtemps, il est aujourd’hui admis, après des années d’observation et d’études dans le domaine de la psychologie, que chacun d’entre nous développe des stratégies visant à être l’enfant parfaitement aimable (digne d’être aimé) de ses parents, afin de ne pas être rejeté voire abandonné, auquel cas il serait menacé de mort. Par ailleurs, les parents ont eux-mêmes des projections sur leurs enfants, projections inconscientes mais bien présentes, visant le plus souvent soit à se rassurer sur la solidité de l’avenir de leur enfant, soit à réparer tout ce qu’eux-mêmes n’ont pas pu réaliser, ou les deux encore, va savoir.


Je me suis donc retrouvée à dépenser une énergie considérable à me conformer. Et pas seulement. J’ai aussi dépensé une énergie considérable à ne pas trop exister. Née dans une culture où on ne se dit pas les choses, où on se néglige soi-même au profit du bien de l’autre, où on se doit d’être poli, aimable, humble, serviable, travailleur, discret, il n’est pas bon d’exprimer son désaccord, ses émotions, ses besoins, ses envies, ses aspirations, ses espoirs, ses projets. Très tôt l’enfant apprend à ne pas exprimer qui il est. En ce qui me concerne, née à l’époque où l’on croyait qu’un enfant s’éduquait à coups de prise de pouvoir sur lui – j’ai presque envie d’utiliser le mot « dresser » plutôt qu’« éduquer », je fais partie de ces bébés qu’on a laissé pleurer « jusqu’à ce qu’il comprenne que ce n’est pas la peine de faire des caprices et que la nuit est faite pour dormir ».


Personnellement, je pense aujourd’hui que ce que j’ai compris, c’est que je n’étais pas suffisamment digne d’être aimée pour qu’on vienne me réconforter quand, après ma naissance et donc après être sortie du cocon chaud, protégé et doux du ventre de ma mère, je me suis probablement retrouvée (avec effroi) dans un lit froid, sans bruit et à la merci de n’importe quoi de menaçant (c’est vrai, je n’étais qu’un nourrisson mais je ne serais pas étonnée d’apprendre que j’avais tout à fait conscience de ma vulnérabilité, seule et perdue dans un endroit inconnu et exposé).


J’ai dû, dès mes premiers instants, renoncer : à quoi bon appeler à l’aide, à quoi bon demander du réconfort, si de toutes façons, personne ne vient. Et quelle peu de valeur je peux donc avoir, si personne ne prend cette peine de venir pour moi ? Ça a dû être l’une de mes toutes premières stratégies de survie : prendre sur moi, ne rien demander, me débrouiller seule coûte que coûte.

Pas que je m’en plaigne complètement : si aujourd’hui, cela m’empêche visiblement de rencontrer un homme qui puisse être un soutien et réconfort dans ma vie, cette stratégie m’a bien servi tout au long de celle-ci. Je me suis toujours relevée, j’ai toujours avancé, vaillante et malgré tout résolument optimiste.


Cette époque était aussi marquée par l’interdiction de « répondre » lorsque je me faisais réprimander. L’adulte avait raison même quand il avait tort et tout enfant qui exprimait son désaccord était traité d’insolent. Nul doute qu’un enfant de ce type finissait en maison de correction. Si j’avais le sentiment d’être injustement accusée ou réprimandée, il me fallait coûte que coûte ravaler la colère ou la tristesse qui m’habitaient pour baisser les yeux et encaisser en silence. Parler de son besoin dans ce contexte était complètement inconcevable. Et pire encore, ce mode de fonctionnement créait un celui où il n’était jamais question de ses propres besoins, du coup, jamais je n’ai appris ce que c’était, ni comment les reconnaître ou comment les nourrir. Les émotions, même combat, puisqu’il s’agissait de ne pas les laisser s’exprimer, si ce n’est la joie, et encore, cette dernière ne devait pas s’exprimer trop fort (sinon, on était qualifiés d’enfant turbulent), voire pas du tout (la vie c’est sérieux voyons, grandis un peu – même avant l’âge si possible, c’est plus confortable). En gros, il s’agissait d’être un enfant assis bras croisés le doigt sur la bouche (ceux qui sont nés à mon époque savent de quoi je parle, pour les autres, aller voir sur google image, j’ai vérifié les résultats seront parlants).


Quant à l’école, comment dire … passer 8 heures par jour avec un maître d’école, l’écouter sans interrompre, si possible en comprenant du premier coup, sans poser de questions et encore moins remettre en question quoi que ce soit, ne pouvait certainement pas aider à avoir envie d’apprendre, à développer sa curiosité, son envie de comprendre le monde qui nous entoure (parce que si on y réfléchit bien, les matières enseignées ne sont rien d’autre que la somme des écrits des personnes qui ont relaté leur expérience et leur compréhension du monde qui nous entoure, hein). Orienter ses études supérieures en fonction des matières dans lesquelles « on est fort » sans le moins du monde se préoccuper du métier que cela va bien pouvoir permettre d’exercer et encore moins se poser la question du genre de quotidien que cela va engendrer n’était pas non plus fait pour aider à exprimer qui on est et quelle contribution on a envie d’être pour ce monde. Certains ont eu et ont encore j’imagine, la grande chance de faire les études que les parents ont décidé pour eux qu’ils feraient.


Et donc, tout ce qui constitue les fondements, selon moi, de la construction de l’être humain, sa capacité à reconnaitre, identifier, décoder une émotion ou un besoin, sa capacité à s’en servir comme radar dans la vie, à s’en servir comme information pour faire ses choix, sa capacité à se connecter à ce qui donne de la joie, sa capacité à apprendre et à se former pour se choisir un métier vibrant, tout cela, a été ignoré, mis de côté.


Tout cela a mené à faire croire que pour se sentir bien, genre en paix, zen, en harmonie, pour avoir le bonheur quoi, tout cela, ça s’acquiert dans l’effort, la douleur parfois, en étant un bon petit soldat et en étant bien conforme comme il faut dans la peau d’un robot qui va au boulot, se marie, achète une maison, fait des enfants, organise des barbecues les weekends et part en vacances une à plusieurs fois par an.


Force est de constater que rien de tout cela n’est vrai, en témoignent les « c’est vendrediiiiiiiii ! » publiés sur FB le vendredi, et les « roh là la demain on est déjà lundi » du dimanche soir…

Je décide donc de ne pas me fustiger d’avoir acheté le seul modèle proposé. Je remercie plutôt la vie, qui m’a un jour mise au pied du mur, et bien « comme il le faut », m’obligeant à faire littéralement table rase de toutes mes valeurs, croyances, représentations, modèles et stratégies afin d’entamer un processus de reconstruction, de guérison et de reconnexion à mon « soi-même ». Je me suis engagée sur le chemin de la création de qui je souhaitais et comment je souhaitais être au monde.


Si le bonheur était à vendre



J’avais tout ce qui m’avait été « vendu » comme le Saint Graal du bonheur : un mari, une maison, deux enfants (et de surcroit, une fille et un garçon), un chien, un job. Et, presque du jour au lendemain, j’ai perdu : perdu mon mari et je job d’abord, la maison et le chien que je ne pouvais pas garder ensuite. Ne me restaient – heureusement – que mes enfants et moi. Quelle aventure !


J’ai découvert que rien de ce qui m’avait été appris n’était vrai et que tout en même temps pouvait l’être. Qu’il m’appartenait de choisir ce qui me convenait et de créer – et non pas de trouver-, ce que je souhaitais voir dans ma vie.

On passe beaucoup de temps à vouloir se trouver ou se retrouver. En réalité, il s’agit simplement de se créer. Et c’est tellement plus léger de se créer que de chercher à se trouver ou se retrouver…. Parce que se trouver nous enferme dans la recherche d’un modèle de soi préexistant quelque part, se retrouver, d’un modèle qui fût et qu’on doit absolument retrouver. Alors que se créer ne nécessite aucune dépense d’énergie à la recherche de soi, il suffit juste d’inventer, d’expérimenter.


Comme un bébé expérimente dans la joie et le moment présent, sans jamais se juger. Il est parfois nécessaire de corriger le tir, certes, mais continuer en imaginant, dessinant les contours de l’être qu’on souhaite être. De l’être qu’on aime être, avec qui on a du plaisir à être.

Reconnecter avec son "soi-même"


Je me suis créée en commençant par m’autoriser à écouter la musique qui me mettait en joie. Sans jugement de valeur à l’égard de mon ex époux, ce dernier n’appréciait pas mes goûts musicaux et je m’étais rapidement arrêtée d’écouter la musique qui me faisait plaisir. Je sais aujourd’hui que je n’écoute pas la musique, mais que je la ressens : à la fois les vibrations que je ressens à travers mon corps et à la fois pour les émotions en lien avec les événements vécus alors que ces morceaux étaient sortis. Mon ex, lui, écoute avec ses oreilles. Je n’écoutais pas pour la mélodie mais pour les vibrations ou les émotions. Je suis donc capable « d’écouter » de la véritable daube avec un plaisir non dissimulé puisqu’en outre, j’ai le dansant. J’adore bouger mon corps quand la musique me plait. Lorsqu’il est parti, mon premier réflexe a donc été de me remettre à écouter tous ces morceaux qui me procuraient de la joie. J’ai fait tourner Nostalgie à donf jusqu’à l’écœurement. Ça a été mon premier « recontact » avec moi-même et avec la légèreté.


Le deuxième pas vers le « recontact » avec mon « soi-même » a été de ne plus avoir à l’attendre. Je me suis rapidement rendu compte que j’avais passé mon temps à attendre. Attendre qu’il rentre fin de journée, peut-être (mais rarement), à temps pour le dîner. Attendre qu’il soit présent pour les enfants, qu’il fasse avancer les travaux dans la maison, et, comme beaucoup de femmes d’après ce que j’entends, qu’il participe aux tâches ménagères, répare un truc ou l’autre, … Attendre qu’il me regarde, qu’il passe du temps avec moi, qu’il me dise que je comptais encore pour lui, qu’il me trouvait belle. Attendre. Son départ a fait place à un espace de ouf que jamais je n’aurais imaginé aussi grand. Tout à coup, je me retrouvais présente à ce que je faisais et pouvais ressentir ce qui était lié à ce que je faisais et non plus ce qui était lié à l’attente. Tout à coup, je reprenais le pouvoir du temps dans mes journées et mes soirées et je pouvais les occuper à ce que je voulais, là où auparavant j’étais à attendre.


Le troisième « bond quantique » que j’ai fait en direction de mon « soi-même » a été mon inscription au Krav Maga, pas moins de 7 ans après la séparation. Toute ma vie j’ai été très sportive. J’ai toujours pratiqué un sport : étant jeune, j’étais inscrite en option sports en plus du nombre d’heures de sport minimum à l’école, en primaire déjà, je jouais au foot avec les garçons et au secondaire, je faisais partie de l’équipe de volley ball. Devenue adulte, je m’arrangeais, selon les périodes de vie, pour nager, aller courir dans les bois, marcher. Après la naissance de chaque enfant, j’ai fait du fitness dans mon salon en achetant des DVDs. J’ai aussi fait du Tae Bo et de la Zumba. J’ai été courir tirant la grande sur son vélo, une corde reliant son vélo à ma taille et poussant le petit dans sa poussette. C’était une nécessité, cela me permettait d’évacuer le stress, de me vider la tête, le sport en extérieur me mettait en contact avec la nature ce qui était ressourçant pour moi. Rentrée de mon sport, j’étais apaisée et j’avais les idées plus claires. Cela étant dit, je n’avais jamais expérimenté la sensation que j’ai eue, dès mes tous premiers cours de Krav Maga, d’être là où je devais être et d’éprouver un véritable plaisir. Ce sport me correspond tout à fait, plus rien n’existe autour, c’est véritablement une nourriture pour moi.


Ressentir et enfin vivre

Ces expériences de « reconnexion » à mon « soi-même » ont été le terreau de la création de qui je voulais être et de qui je suis. Cela m’a donné un aperçu de ce que je voulais devenir, enfin, surtout, ressentir au quotidien. Parce qu’en fait, c’est moins créer qui je veux être ou devenir que ce que j’ai envie de ressentir tout au long de ma vie.

J’ai compris que j’avais passé le plus clair de mon temps et de ma vie à être en lutte intérieure entre ce que j’aspirais à ressentir et les comportements qu’on attendait de moi.

Le premier truc le plus important pour moi a été de me rendre compte que toute ma vie, j’avais perçu qu’on pensait de moi que j’étais « trop ». Combien de fois ai-je entendu « on ne voit que toi, quand tu rentres dans une pièce, il n’y a que toi, tu prends trop de place ». Ou « baisse le ton, tu parles trop fort, on n’entend que toi ». « Tu es trop exubérante ». Trop extravertie. Trop franche. Trop directe. Trop rapide.


Et donc : « pas assez ». Pas assez humble. Pas assez discrète. Pas assez passe partout. Pas assez diplomate.


Passionnée, curieuse, optimiste, à l’esprit vif, dotée d’un certain humour, empathique, aimante, j’ai toujours eu envie de partager avec les autres cette passion et cet optimisme, ce goût pour le développement personnel et la recherche du bien/ être (ou bien naître), et d’aider mon prochain.


Se connecter à ses émotions, à ses besoins, à ce qui procure de la légèreté, toutes ces choses qu’on ne nous a pas apprises, cela prend du temps. Et ça se fait progressivement. Car c’est l’expérience du ressenti qui nous permet d’identifier une autre émotion, un autre besoin ou un nouveau sentiment de légèreté et qui nous permet ensuite d’identifier quelle situation ou quel contexte a favorisé son émergence. Ensuite, il nous est loisible de le reproduire et enfin de le multiplier.

Jim Collins, dans son livre « Good to Great”, explique le phénomène de l’engrenage. Au début, l’engrenage est lourd, il faut beaucoup d’efforts pour le mettre en route. Mais lorsqu’il se met à tourner, au fur et à mesure, il se nourrit de sa propre énergie et finit par tourner tout seul.


Se reconnecter à son « soi-même » procède du même principe. Il faut du temps, de la patience et de la ténacité pour apprendre à s’observer, identifier ce qui nous procure de la joie et de la légèreté, les reconnaître dans différentes situations, reproduire les situations et les contextes favorisant l’émergence de ces ressentis.


Et attention ! je ne suis pas en train de parler de gagner au lotto, avoir une nouvelle voiture, ou ce genre de choses. Je parle vraiment de petites choses de la vie, qui font de grandes choses en définitive. Privilégier telle ou telle relation. Prendre du temps pour soi le matin pour s’offrir le temps de s’apprêter pour sa journée, sans que ce soit le rush complet, aménager ses journées pour se permettre d’avoir le temps de partager qui, la préparation du repas en famille, qui la lecture d’une histoire avec les enfants, qui un film avec son conjoint, pour avoir le temps de lire, ou de faire ce qui nous procure du plaisir.

Trier parmi ses relations, arrêter de voir ceux qui nous fatiguent, ceux hors de chez qui on ressort en colère, énervé juste à cause des sujets de conversations qu’on a eues.


Petit à petit, l'oiseau fait son nid


Au départ, commencer par de petits ajustements suffit. Les choses vont se mettre en place progressivement. Et probablement que vous n’en serez pas tout à fait conscient sur le moment mais que ce n’est qu’après coup que vous vous direz « ah mince, je me rends compte que, depuis que je fais ça/ou que je ne fais plus ça, je me sens vachement mieux dans mes baskets ! ».


La plupart d’entre nous s’est vu attribuer un déguisement qu’il porte vaillamment, même s’il est souvent fort inconfortable. L’idée n’est pas de se mettre à poils et d’ensuite se mettre en quête d’un nouveau costume, gelant l’hiver, attrapant des coups de soleils l’été. Allez voir un tailleur, puis un autre et encore un autre. Mettez vous à la couture, dessinez votre patron, confectionnez vous un costume sur mesure, à votre goût. Remplacez d’abord la chemise puis le pantalon, allez-y progressivement. Changez si finalement, en le portant, cela ne vous convient pas. Ça gratte ? Choisissez un autre tissu. C’est trop étroit ? Autorisez-vous à voir plus grand 😊 Et même s’il vous convient un temps, pas impossible qu’il soit nécessaire d’ajuster un jour ou l’autre…


Rien n’est immuable. Tout change. La nature nous l’enseigne, elle est à la fois cyclique, à la fois immuable et à la fois en évolution et en changement permanent !

Osez …


  • Black Facebook Icon
  • Black LinkedIn Icon

© 2019 Kumquat -  Certified life & business coach

Luxembourg

Belgique

info@kumquat.lu